Histoire et Géographie de São Tomé
Quelques faits historiques de base
Inhabitée jusqu’en 1471, São Tomé fut découverte le 21 décembre 1471 par les explorateurs portugais João de Santarém et Pêro Escobar. Jusqu’à cette date, l’île était totalement vierge de présence humaine. Le gouvernement portugais décida d’y établir une première colonie en 1493, en y exilant des personnes considérées comme « indésirables » au Portugal. Parmi ces déportés se trouvaient plus de deux mille enfants juifs, ainsi que des chrétiens portugais. La première ville fut fondée au nord de l’île (près de l’actuelle Neves), mais en raison d’un taux de mortalité élevé dû au paludisme, elle fut déplacée à l’emplacement actuel de la ville de São Tomé.
Carrefour commercial et plantations de canne à sucre
À l’époque du commerce triangulaire, São Tomé devint un point stratégique pour le ravitaillement en eau douce et en nourriture. Les Portugais y introduisirent diverses variétés de fruits et légumes afin de diversifier l’approvisionnement. En parallèle, la culture de la canne à sucre se développa rapidement, et São Tomé devint un important producteur de sucre.
La révolte du roi Amador
Alors que la majorité des Africains de l’île étaient réduits en esclavage et exploités dans les plantations, un village de pêcheurs indépendant existait, devenu aujourd’hui la ville de São João das Angolares. Ce village fut fondé par des esclaves rescapés d’un naufrage près des côtes. En 1595, sous la conduite du roi Amador, les habitants s’organisèrent, rassemblèrent les esclaves, et lancèrent une révolte contre les Portugais. Ils prirent le contrôle de l’île pendant environ un an, jusqu’à ce que le roi Amador soit capturé, emprisonné, puis exécuté. Aujourd’hui, le roi Amador reste une figure emblématique de l’indépendance pour le peuple santoméen.
Café et Cacao à São Tomé
Après le déclin de la canne à sucre (concurrence des Caraïbes), l’agriculture stagna jusqu’au milieu du XIXe siècle. Le cacao et le café furent introduits vers 1850. Grâce à son climat idéal et ses sols fertiles, São Tomé devint le premier producteur mondial de cacao vers 1900, atteignant son apogée en 1913 avec 37 000 tonnes exportées. Aujourd’hui, la production est bien inférieure (~3 000 tonnes/an), bien que le cacao santoméen reste réputé pour sa qualité.
Géographie de São Tomé
Aperçu géographique
São Tomé et Príncipe sont deux îles volcaniques faisant partie de la chaîne montagneuse du Cameroun. Le pays s’étend sur 1 001 km², dont 859 km² pour l’île de São Tomé et 142 km² pour l’île de Príncipe. Le Parc National Obô couvre environ un tiers de la superficie, soit 295 km², et le point culminant est le Pico de São Tomé, qui s’élève à 2 024 mètres. On y trouve des cratères volcaniques, comme la célèbre lagune Lagoa Amélia, aujourd’hui recouverte de lichens verdoyants.
Parmi les curiosités naturelles géologiques, on peut citer le spectaculaire Pico Cão Grande (le Grand Chien) et la Boca do Inferno (la Bouche de l’Enfer).
Les paysages sont très variés : on trouve de la savane et des baobabs au nord (entre Guadalupe et Neves), et une végétation tropicale et montagneuse au sud. Sur la côte nord-ouest (de Neves à Santa Catarina), les plages sont faites de sable noir ou de galets, tandis que dans d’autres zones, le sable est doré, jaune ou blanc.
Comme l’île n’a jamais été reliée au continent africain, de nombreuses espèces animales et végétales y ont évolué de manière indépendante et sont devenues endémiques.
São Tomé est un véritable paradis pour les botanistes, entomologistes et ornithologues. Les délégations scientifiques qui s’y rendent découvrent régulièrement de nouvelles espèces d’insectes.
La flore est également riche : on y trouve de nombreuses fleurs et plantes endémiques, certaines décoratives, d’autres utilisées en médecine traditionnelle. Certaines préparations d’écorces ou de racines sont réputées pour leurs propriétés aphrodisiaque…. Si cela pique votre curiosité, alors rendez vous a ujardin botanique pour une visite complète !
Quelques spécimens et lieux intéressants